Aïta, sur les traces des Chikhates

Qu’est ce qu’une fête au Maroc sans les Chikhates ?
Dès mon tendre âge, ces femmes m’ont fascinée et ensorcelée.
J’épiais leurs mouvements et leurs gestuelles. Je voulais leur ressembler, m’approcher de cette liberté qu’elles dégageaient et surtout, comme elles, être une maîtresse des instants que je dompte par les mots.
Widad Mjama

Aux côtés de Widad Mjama, première rappeuse marocaine, venez vous immerger dans l’aïta, cet art traditionnel, grâce aux “cercles intimes”, rencontres régulières et privilégiées avec l’artiste.

La première rencontre – du mardi 23 novembre 2021 à 20h au Kiwi, espace d’imagination et de partage, à Ramonville Saint-Agne – était une introduction à l’art de l’aïta à travers une projection du documentaire « Le blues des Chikhates ». Celui-ci retrace le parcours de ces femmes qui persistent à pratiquer leur art malgré le rejet dont elles sont victimes.
Rencontre ouverte à tout le monde. Gratuit. Venez profiter de ce moment privilégié avec l’artiste.

Envie de participer, avec l’artiste Widad Mjama, à son processus de création ?
Prenez date et rejoignez en 2022 les”cercles intimes”animés par l’artiste, entre discussion et atelier… Possibilité de rejoindre le cercle de votre choix ou de participer au 3 :
>> lundi 17 janvier
>> mardi 05 avril
>> mardi 03 mai
Nombre de place limité. Sur inscription. Gratuit. Rdv au Kiwi (Ramonville St-Agne) Pour + d’infos

Assistez à la sortie de résidence :
>> jeudi 05 mai à 18h30
Entrée libre et gratuite. Toujours au Kiwi (Ramonville St-Agne). 30mins de concert suivi d’un bord de scène (échanges avec les artistes).


Qu’est-ce que l’Aïta ?

C’est un art exclusivement oral qui n’a jamais connu de mise en écriture, il a muté avec le temps en raison des omissions qui atteignent la transmission. Comme musique, elle n’a jamais été prise au sérieux même dans les études de musicologie contemporaines et modernes.

L’aïta – mot marocain qui signifie cri, appel ou complainte – , en plus d’être une musique traditionnelle marocaine, revêt une dimension poétique d’une interprétation majoritairement féminine. C’est une expression sociale de ces femmes marginalisées et stigmatisées où le chant des pleurs et des joies constitue un écho aux joies et soucis quotidiens qui dessinent en filigrane le destin des êtres humains et à travers eux, des peuples.

Les Chikhates, qui transmettaient leur savoir oralement par l’entremise de la poésie, du chant et du jeu théâtral, disparaissent les unes après les autres, emmenant avec elles les rythmes et les mots, dans une autre éternité.

À travers ce projet, Widad Mjama souhaite arracher cette poésie à l’oubli, rendre hommage à ces majestueuses femmes et faire raisonner cet art typiquement marocain dans l’ère contemporaine et numérique.

Projet mis en œuvre avec la complicité du +Silo+ et du Kiwi, espace d’imagination et de partage