Aïta, sur les traces des Chikhates

Qu’est ce qu’une fête au Maroc sans les Chikhates ?
Dès mon tendre âge, ces femmes m’ont fascinée et ensorcelée.
J’épiais leurs mouvements et leurs gestuelles. Je voulais leur ressembler, m’approcher de cette liberté qu’elles dégageaient et surtout, comme elles, être une maîtresse des instants que je dompte par les mots.
Widad Mjama

Aux côtés de Widad Mjama, première rappeuse marocaine, venez vous immerger dans l’aïta, cet art traditionnel, grâce aux “cercles intimes”, rencontres régulières et privilégiées avec l’artiste.

La première rencontre, prévue le mardi 23 novembre 2021 à 20h au Kiwi, espace d’imagination et de partage, à Ramonville Saint-Agne, sera une introduction à l’art de l’aïta à travers une projection d’extraits du documentaire « Le blues des Chikhates ». Celui-ci retrace le parcours de ces femmes qui persistent à pratiquer leur art malgré le rejet dont elles sont victimes.

Cette rencontre est ouverte à tout le monde et gratuite. Venez profiter de ce moment privilégié avec l’artiste !
Suite à ce premier rendez-vous, des groupes plus petits constitués de 15 personnes maximum seront organisés et donneront lieu à 3 cercles intimes en janvier, février et mars 2022.


Qu’est-ce que l’Aïta ?

C’est un art exclusivement oral qui n’a jamais connu de mise en écriture, il a muté avec le temps en raison des omissions qui atteignent la transmission. Comme musique, elle n’a jamais été prise au sérieux même dans les études de musicologie contemporaines et modernes.

L’aïta – mot marocain qui signifie cri, appel ou complainte – , en plus d’être une musique traditionnelle marocaine, revêt une dimension poétique d’une interprétation majoritairement féminine. C’est une expression sociale de ces femmes marginalisées et stigmatisées où le chant des pleurs et des joies constitue un écho aux joies et soucis quotidiens qui dessinent en filigrane le destin des êtres humains et à travers eux, des peuples.

Les Chikhates, qui transmettaient leur savoir oralement par l’entremise de la poésie, du chant et du jeu théâtral, disparaissent les unes après les autres, emmenant avec elles les rythmes et les mots, dans une autre éternité.

À travers ce projet, Widad Mjama souhaite arracher cette poésie à l’oubli, rendre hommage à ces majestueuses femmes et faire raisonner cet art typiquement marocain dans l’ère contemporaine et numérique.

Projet mis en œuvre avec la complicité du +Silo+ et du Kiwi, espace d’imagination et de partage